#Sport de nature 1/4 : Le dragon boat

Salut à tous les apprentis sportifs et bienvenue pour la première expérience sportive de mon défi : « Découvrir 4 sports de nature en 4 semaines pour les débutants ».

Ce mardi, j’ai testé, ou bien devrais-je dire re-testé pour vous le dragon boat. Eh oui, comme vous avez pu le lire ici, je suis éducateur sportif en canoë-kayak et je pratique à l’année cette activité sportive méconnue. J’ai demandé aux Yaka Dragons de reprendre la pagaie en ce début d’année pour vous.

Le Dragon Boat, une discipline d’équipe en vogue

« Un dragon boat est une embarcation propulsée à la pagaie et dirigée par un barreur et sa gouverne. Traditionnellement, le bateau se compose de deux rangées de 10 pagayeurs chacune. Les pagayeurs sont accompagnés d’un batteur et de son tambour pour donner la cadence, et d’un barreur, soit 22 personnes. Il existe également des bateaux similaires, plus petits, composés de dix pagayeurs et d’autres plus grands pouvant accueillir jusqu’à 100 pagayeurs. »

D’une histoire légendaire vieille de plus de 2 000 ans …

Qu Yuan, poète chinois et secrétaire du roi Huai, dénonça la corruption du royaume et se vit alors chassé de celui-ci. Par désapprobation, il se suicida dans la rivière Miluo. Les villageois tentèrent de venir à son secours, en battant les tambours, frappant l’eau avec leurs pagaies pour détourner l’attention des poissons : en vain ! Depuis ce jour, sa mort est commémorée lors de la fête des bateaux-dragons, le 5ème jour de la 5ème lune (soit à la mi-juin).

… à aujourd’hui, une thérapie non-médicamenteuse à prévention médicale.

Je suis persuadé que vous n’avez jamais entendu parler du Dragon Boat. C’est normal puisque c’est une discipline qui est apparue récemment en France dans les années 2000. Elle a connu un essor particulier grâce au mouvement des « Dragon Ladies », femmes touchées par le cancer du sein.

Le docteur Mc Kenzie, physiothérapeute canadien, a montré le bénéfice de l’activité de pagaie sur la prévention voire l’amélioration du lymphoedème chez une personne atteinte de cancer du sein. La contraction musculaire favoriserait alors le drainage lymphatique. Il a choisi le Dragon Boat comme activité support car, outre le fait qu’elle permette une activité physique bénéfique, elle est accessible quel que soit l’âge du patient, sa morphologie et sa capacité athlétique. Elle a par ailleurs le bénéfice de remuscler les membres supérieurs, mais également le tronc.

Une séance sous le signe de la convivialité

18 heures, tout le monde arrive au compte goutte sur la base. Après quelques embrassades chaleureuses, nous prenons notre gilet de sauvetage, obligatoire sur l’eau, et notre pagaie. Je me charge de conduire les échauffements, sous une atmosphère plutôt joueuse et dissipée. Puis, je place tout ce petit monde dans le bateau. Les chefs d’orchestre en première ligne et les pipelettes à l’arrière.

Un mouvement détendu à l’écoute du bateau

La consigne est donnée : “pagayer à votre rythme”. Nous partons du ponton et faisons face à la première difficulté : les pagaies s’entrechoquent de nouveau. Ce n’est vraiment pas facile de coordonner 10 personnes en même temps ! Mais avec de la concentration, nous y arrivons progressivement. Il nous suffit de porter loin notre regard et de suivre les 2 personnes les plus en avant.

Je rappelle à tous le mouvement à effectuer : planter sa pagaie loin devant, en gardant le dos droit et les épaules basses. Il faut être détendu afin de ne pas dépenser notre énergie sur des contractions musculaires inutiles.

Lorsque l’on débute, c’est une discipline qui sollicite principalement le haut du corps : le dos et les bras. Cependant, avec de l’entrainement, toutes les parties du corps sont travaillées. Pour faire avancer notre dragon boat, le principe est de transmettre l’énergie de notre pagaie à notre bateau, via notre corps. On construit alors une chaîne musculaire, allant des mains aux points d’appuis avec le bateau : les fesses et les pieds ; en passant bien sûr par la ceinture abdominale.

Je les fais travailler quelques instants les yeux fermés. Exercice quelque peu difficile mais qui nous apprend à ne faire qu’un avec notre bateau. Nous devons être attentifs, ressentir les éventuels tangages et écouter le bruit de nos pagaies rentrer dans l’eau. Il ne doit y avoir qu’un seul et même son, la même partition !

Un environnement riche et changeant

Parlant en connaissance de cause, notre terrain de jeu n’est jamais le même. Nous pagayons au rythme des 4 saisons. J’ai connu des séances où bonnets, gants et polaires étaient de mise. D’autres où le printemps pointait tout doucement le bout son nez, avec l’apparition des premières feuilles sur les chênes et marronniers. Pagayer, c’est rencontrer la nature et ses habitants : le martin-pêcheur, monsieur le héron, les poules d’eau et canards… C’est aussi être attentif à certains détails que l’on fait plus attention au quotidien : le chant des oiseaux notamment.

Naviguer sur la rivière, l’étang ou la mer apaise ! Le bruit et les mouvements de l’eau rendent chaque navigation différente. Tantôt facile, tantôt difficile, particulièrement lorsque le vent se lève. Mais cela renforce notre cohésion d’équipe, afin d’atteindre notre objectif de navigation.

Dragon boat

Les Elles du Bassin à bord de leur dragon boat, naviguant autour de l’île de Sein

Ecoute, partage et solidarité

Pour moi, les Yaka Dragons, c’est comme une seconde famille ! Dans le bateau, on peut parler de tout et de rien. Il n’y a pas une seule séance où personne ne parle. Chacun donne son avis, raconte son histoire et c’est ce qui rend plus fort notre esprit d’équipe.

Le principal avantage du dragon boat, c’est qu’il s’agit d’un bateau collectif. Lorsque quelqu’un est fatigué, il peut poser sa pagaie et les autres compensent. Personne n’est laissé de côté, nous sommes solidaires les uns des autres. L’équipe constitue une seule et même personne. L’individualisme n’a pas sa place ici ! Lorsque l’un d’entre nous ne va pas bien, il y aura toujours une personne pour porter secours.

Où pratiquer le dragon boat ?

Les clubs affiliés à la Fédération Française de Canoë Kayak organisent l’activité Dragon Boat. Il existe plus d’une cinquantaine d’équipages Dragon Ladies / Sport Santé en France. N’hésitez pas à les contacter afin d’avoir plus de renseignements.

Concernant le coût de la licence, pour exemple, le tarif au club de C’Chartres Métropole Canoë Kayak est de 12 € / mois. A savoir que les Yaka Dragons peuvent participer à 1 ou 2 séances de 2 heures par semaine.

Conclusion

Pour conclure, je ne peux que vous inciter à essayer le dragon boat. Cette activité s’adresse à tout le monde, sans restrictions d’âge, de corpulence ou de forme physique. Le fait d’être assis dans le bateau nous fait oublier automatiquement le poids de notre corps et soulage ainsi les articulations.

Intégrer un équipage sport santé en dragon boat, c’est partager une expérience humaine fantastique, croyez moi !!!

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